B. Les prémices de l'émancipation

                            

Pendant la Révolution française, où l’on remet en cause le système monarchique par excellence, les esprits vont se réveiller et pour la première fois, on remet en cause la condition des femmes dans la société. Pourtant aucun droit ne sera accordé en leur faveur durant cette période. Certains hommes vont en philosopher notamment comme dans l’Essai sur l’admission des femmes aux droits de cité, écrit par Nicolas Condorcet, un homme politique, mathématicien et philosophe, en 1790.

Source : Assemblée Nationale

Mais l’histoire a aussi vu défiler des femmes combattant pour leurs droits à l’exemple de la très célèbre Olympe de Gouges (1755-1793), une femme de lettres et publiciste, qui réclama l'émancipation des femmes dans une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1792 avec la fameuse formule : « La femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune ».

 Les femmes investissent les Clubs féminins qui font leur apparition mais restent toutefois exclues de la citoyenneté. Olympe de Gouges sera même guillotinée pour avoir voulu devenir active dans la vie politique.  Le Moniteur, un journal de l’époque écrira, en 1793, à son sujet : «  Elle voulut être homme d'État et il semble que la loi ait puni cette conspiratrice d'avoir oublié les vertus qui conviennent à son sexe »

Napoléon, quand a lui déclarera : «  Je n’apprécie guère les femmes qui se mêle de la politique »

Après la Terreur, les lois qui concernent la liberté des femmes ne s’assouplissent pas. En effet, les rassemblements de plus de 5 femmes deviennent illégaux. Les femmes n’obtiennent guère de nouveaux droits pendant l’insurrection de Charles V. A ce moment, il n’y a que les utopistes et les tous premiers journaux féministes qui envisagent l’égalité entre sexes. Celles-ci doivent se contenter d’un statut de muse pour les artistes. Elles sont représentées sur des peintures, les fontaines ou les fresques :

Source : Site des années folles

  • Le droit de vote

 

En 1848, les hommes instaurent le suffrage universel mais les femmes ne sont pas autorisées à participer aux votes et cela en dépit de leurs nombreux efforts :

 

Femmes manifestant dans les rues avec des journaux féminins à la main et revendiquant leur droit de vote. Elles tiennent des chaînes brisées pour montrer qu’elles désirent leur liberté. Source : www.ramses.lyonne-blog.com

 

Plusieurs écrivains vont alors philosopher sur le sujet.

Ainsi, Flora Tristan, une femme de lettres répond dans l’Union Ouvrière :

« L'homme le plus opprimé peut opprimer un être, qui est sa femme. Elle est la prolétaire du prolétaire ».

Victor Hugo, qui est un temps président d'honneur de la Ligue française pour le droit des femmes déplore : « Il y a des citoyens, il n’y a pas de citoyennes. C’est là un état violent, il faut qu’il cesse ».

Des militantes radicales, dont la socialiste Hubertine Auclert, sont résolues à obtenir leur droit de vote coûte que coûte. Elles entament ainsi des refus de payer l’impôt, dans leur théorie de « Je ne vote pas, je ne paie pas », des manifestations le jour de la fête nationale, des attaques d'urnes ou encore des candidatures électorales. Les médias emploient le terme « suffragette ».

  • Le droit a l'instruction

Le droit de vote n’est pas le seul droit que les femmes se voient refuser. Elles n’ont pas d’accès à l’instruction. « A quoi bon les instruire puisqu’elles n’ont de talents que pour les tâches domestiques et la maternité ? » disent certains hommes.

Les premières écoles pour filles feront leur apparition grâce à la loi Duruy de 1867.Chaque commune de plus de 800 habitants doit avoir une école de filles pourtant la scolarité dans les établissements n’est ni gratuite ni obligatoire. Il faudra attendre 1881 pour que l’enseignement français primaire soit public, laïque et obligatoire pour tous.  Mais à  la veille des lois tenues par Jules Ferry, le journal Le Gaulois se désole. Sa publication du 25 novembre 1880 montre clairement sa position sur le sujet de l’éducation des femmes :

"La jeune fille française, élevée dans la protection vigilante de la famille, avait été avec soin préservée de l’éducation garçonnière et des brutalités de la science. Elle grandissait parmi les sourires et les joies, comme une fleur dans le soleil ; elle grandissait dans une poétique ignorance des mystères des choses […]. Et cette paix candide de jeune fille, cette délicieuse floraison de pudiques désirs, ces élans d’idéale bonté qui plus tard font l’amour de l’épouse, le dévouement de la femme et le sacrifice de la mère, tout ce charme exquis, toute cette poésie […], tout cela va disparaître ! On va supprimer la jeune fille […]. On leur apprendra tout, même la rébellion contre la famille, même l’impureté. Elles n’auront même pas été vierges avant de devenir femmes." 

Maria Desraimes, une journaliste féministe et franc Masson se mobilise et crée en 1870 l’Association pour le droit des femmes, pour l’obtention des droits civils et de réformes en faveur de l’éducation des filles. Elle enchainera les conférences, publications de journaux féministes,  manifestations et autodafés du Code Civil.

  •  L'exemple de l'Assommoir

Mais à travers des livres, les écrivains eux-aussi témoignent de ces changements déjà subis par les femmes des classes moyennes et ouvrières.

En effet, Emile Zola dans ces romans peint la réalité sociale des années 1870. Notamment dans l’Assommoir, écrit en 1877, dans lequel on suit le terrible destin de Gervaise Macquart, blanchisseuse dans un  quartier de Paris, qui, abandonnée par son amant se retrouve seule avec ses fils. Elle rencontre plus tard un ouvrier qui deviendra son mari. Mais tandis que celui-ci se blesse lors d’une chute, le ménage doit puiser dans les économies pour soigner Coupeau puisque Gervaise arrête son activité professionnelle pour s’occuper de lui à domicile. La convalescence de son mari durant de plus en plus longtemps, Gervaise cherche de l’argent pour financer l’ouverture de sa blanchisserie. Elle trouve cet argent auprès de leur voisin. Une fois la blanchisserie ouverte, les affaires marchent bien et Gervaise emploie plusieurs ouvrières. Mais le retour de son ancien amant marque le début de sa décadence car elle commence à boire et son ancien compagnon et son nouveau mari s'associent pour l'abuser de son argent.

 

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