A. Le rôle des femmes dans l'effort de guerre.

 

         Au XXème siècle, les préjugés quant aux aptitudes des femmes les ont empêché de prendre part directement au combat. Néanmoins, durant les deux guerres mondiales, les femmes sont bien là pour organiser la défense du pays. Elles revêtent des uniformes développent de nombreuses nouvelles compétences.

Ainsi, les femmes sont amenées à soutenir leur pays de diverses manières :

  • Les marraines de guerres

A la fin de l’année 1914, une nouvelle institution voit le jour : les marraines de guerre. Leur but est simple: soutenir le moral des soldats qui pour beaucoup d'entre eux, n’ont pas la chance de conserver de relations avec leur famille ou leurs amis à l’extérieur de leur tranchée.

Un soldat confia : "Je suis dans mon escouade seul de ma condition. Les autres reçoivent de belles et longues lettres en bas desquelles je vois quelquefois : tes parents qui t'embrassent. J'ai beau faire, je vous avoue que je suis jaloux de leur bonheur et, pourtant fort de caractère, j'ai déjà eu souvent envie de pleurer. J'ai bien fait des efforts pour ne pas me plaindre".

"Il n'y a pas pour moi de moments plus durs que la distribution des lettres"  écrit un autre.

Source : Histoire authentique des marraines de guerres et des filleuls de guerres

 

« La Famille du Soldat »  fut la première association officielle créée en France en janvier 1915 par Mademoiselle de Lens. Elle bénéficie de l’appui de hauts personnages et de la publicité gratuite de L'Écho de Paris. Puis c’est au tour d’autres associations comme «Mon Soldat » fondée pas Madame Bérard et soutenue par Alexandre Millérand, ministre de la guerre de voir le jour.

Chacune crée des correspondances entre des soldats et des femmes qui pour beaucoup d’entre elles ont déjà perdu un mari, un frère ou un fils.

« Je n'ai plus de fils, je l'ai donné à la France. Rendez m'en un autre dans la personne d'un soldat séparé des siens » demande une mère en deuil à « La Famille du Soldat ».

Ainsi, pour certaines femmes et soldats, l’engagement familial sous-entendu par le terme « marraine » prend un sens concret.

Malgré les critiques des conservateurs mais aussi de l’armée, qui redoutent que des espions se glissent dans la peau des correspondantes, le mouvement de marraines de guerre se prolongera jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

 

 

La vicomtesse Benoist d’Azy, marraine du fort de Douaumont à Verdun, rendant visite aux soldats dans les tranchées et apporte le courrier qui viendra les réconforter et les encourager. Source : ECPAD

 

  • La résistance féminine pendant la seconde guerre mondiale.

Durant l'occupation Allemande de la France, les femmes ont joué un rôle important dans la Résistance française.

Bien moins nombreuses que les hommes, les femmes représentaient tout de même 15 à 20% des résistants français et environ 15 % des déportés politiques. Les plus connues d'entre elles sont Lucie Aubrac, Marie-Claude Vaillant-Couturier et Germaine Tillion. Venues de tous les horizons sociaux et « portées par un devoir citoyen sans en avoir les droits », elles assument dans la clandestinité des tâches d'intendance plutôt que de commandement. Elles cachent, hébergent, nourrissent, approvisionnent les résistants et assurent pour les mouvements des travaux de secrétariat. Elle sont donc cantonnées à des rôles subalternes. Ainsi, Lucie Aubrac n’aura jamais eu de place définie dans la hiérarchie de son mouvement «Libération Sud » bien qu'elle en fut la cofondatrice et Marie-Madeleine Fourcade fut l’unique chef de réseau pendant la deuxième guerre mondiale tout en étant sous couverture.

Il existe cependant une section féminine dirigée par Marie-Hélène Lefaucheux dans «l’Organisation civile et militaire ». D'autres femmes encore sont dactylographes ou agents de liaison. En effet, elles sont moins soupçonnées par les forces adverses que les hommes. Certaines femmes prennent même les armes comme Germaine Lemaire qui tua un officier allemand en juin 1940.

Beaucoup de ces femmes réussirent à associer vie privée et vie active et formèrent des «duos » de résistants avec leur mari comme Lucie et Raymond Aubrac (qu’elle sauve de la prison nazie en tuant quatre soldats allemands) et Philippe et Hélène Viannay.

Bien que le colonel Rol-Tanguy ait déclaré dès la Libération en parlant des femmes que «sans elles, la moitié de notre travail eût été impossible », qu'elles aient obtenu en 1944 le droit de vote, reconnu depuis longtemps aux femmes d'autres pays démocratiques, les résistantes sont les oubliées de la seconde guerre mondiale et leur engagement fut peu valorisé à la Libération. En effet, seulement six femmes sont nommées Compagnons de la Libération sur 1059 au total.

  

Silvia Monfort, Résistante française, participe à la Libération de Chartres



  • Les infirmières de guerre

     

    Cette femme est Juliette Perdou, une infirmière décorée de guerre le 15 juillet 1917. Source : ECPAD

     

    N’oublions pas la forte présence des infirmières dans un monde d’hommes, sur le front et à l’arrière auprès des blessés. Les «anges blancs» (surnommées ainsi à cause de leur habits blancs synonyme de pureté) soignèrent pas moins de trois millions de soldats blessés. Elles assistent les médecins qui opèrent sur le champ de bataille, guérissent les corps mais aussi les esprits des hommes gravement affectés par les horreurs de la guerre. Leur engouement et leur enthousiasme sont tels que l’on comptera, à la fin du conflit, trop d’infirmières.

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